Ré-apprendre à courir

crédit photo : delphine2lyon

 

Je n’aimais pas ça, et il n’y a pas si longtemps, j’avais toujours du mal à y aller. J’attends encore le fameux miracle « tu ne pourras plus t’en passer »… C’est quand mon tour, dis ? Ce serait quand même plus simple si on n’avait pas besoin de lutter contre soi-même pour enfiler ses fichues baskets. Entre le manque de motivation, le manque de plaisir, les résultats microscopiques et la tendance généralisée à la procrastination… comment se fait-il qu’autant de gens soit contaminés par la folie du running ?

Et bien premièrement : Nous sommes convaincus d’essayer par l’attrait d’un plaisir facile et abordable. La course à pied est un sport qui demande un minimum d’équipement, pas de matériel si ce n’est une bonne paire de baskets et des vêtements légers qui limitent les frottements. Ensuite, il n’y a plus qu’à mettre un pied devant l’autre, et le sourire béat est au bout du chemin. Parce que si le faible coût convainc de tenter l’expérience, ce qui donne tellement envie c’est cette fameuse ivresse du coureur. On connait tous quelqu’un qui dit que « ça fait tellement du bien de courir, on se sent super bien après une bonne séance, ça libère des hormones et c’est magique ». Eh oui, l’être humain a parfois des raisonnements bizarres. Mais si la peur est contagieuse, le bonheur aussi, heureusement.

Petit à petit, je cours.

La détermination et le plaisir grandissent. Je suis fière de moi aussi quand je finis par aller courir alors que le canapé me tendait les bras. Si je me sens énervée avant d’aller courir, je me sens plus légère à la fin de ma sortie.

C’est venu aussi avec la prise de conscience que je ne connaissais pas mes limites. Je me souviens, je pensais que j’aurais tellement de mal à courir 7.5 km en trail de découverte, moi qui ne courais que sur du très plat. Et finalement ça a été si facile, je me suis à peine arrêtée avec la copine qui m’accompagnait. J’ai couru 1h sans m’en rendre compte. Certes je n’ai pas été rapide, mais quelle importance ? Et mon premier dossard, un 5 km : j’étais seule, pas un seul supporter. Je courais uniquement pour moi. J’ai soigneusement surveillé mon temps, accéléré tout doucement sur les derniers 200 m et sprinté un peu à la fin. Deux minutes après être arrivée je me suis rendue compte que si j’avais chaud, je n’étais pas vidée et j’en avais encore sous la semelle.

Je n’avais pas trouvé mes limites

Je suis ensuite arrivée sur Lyon et je me suis empressée de rejoindre les événements sportifs gratuits de l’association Courir à Lyon (comprendre : j’ai mis 3 semaines à trouver un moment de libre). J’avais eu vent de ces entraînements collectifs mêlant course à pied et renforcement musculaire bien avant de m’installer. Je savais déjà que j’allais les rejoindre et j’espérais que ça me ferait progresser plus vite. Bon sang quel mois de décembre horrible en 2016 ! Je ne connaissais personne à Lyon, je démarrais mon nouveau boulot, j’étais submergé de dossiers en retard avant même de commencer, j’avais besoin d’évacuer les tensions. Il faisait froid, moche, il pleuvait, je passais 1 h dans le métro pour arriver au parc, c’était abominable. Il en fallait de la motivation ! Et je ne l’ai pas regretté…

Je courais un petit peu plus souvent, un petit peu plus longtemps, au fur et à mesure. Pas de progression impressionnante, pas de vitesse hallucinante. Il y avait ces séances où je me sentais lourde, où j’avais plusieurs pets de travers, où je n’avançais pas, où le souffle manquait. Et il y en aura encore.

La course à pied, comme tout sport, nous apprend la modestie et la résilience.

En fait, pour être honnête, j’observe parfois des coureurs qui oublient d’écouter leur corps, trop absorbés par l’envie de repousser leur limites ou simplement par l’ivresse de la course. Ils ne sont pas majoritaires, mais ils vont de blessures en blessures, de marathons en marathons sans préparation et repos corrects. Attention à ne pas confondre athlètes modèles et collectionneurs de dossards. Cela ne veut pas dire qu’il faut leur jeter des pierres, car chacun fait bien ce qu’il veut tant que ça ne nuit à personne. (Au moment où je boucle cet article, Elise du blog Un Petit Bout d’Elise vient justement de publier un article sur le surentraînement et il est très clair.) Mais avant de foncer en tant que débutant, il est préférable de prendre conseil auprès de plusieurs personnes. Car justement, la communauté des coureurs c’est surtout des conseils et des échanges à chaque rencontre. J’ai fait de super rencontres grâce à la course à pied en plus, c’est un sport qui réunit facilement. Il y a des événements chaque semaine à Lyon pour courir en ville, encadré par des amateurs ou des coachs, au départ de magasins de running (Spode, Terre de running, etc…). J’ai participé à quelques-uns et c’était de beaux moments de course que je renouvellerai souvent. Et je vous invite du coup à aller jeter un œil à cet article ou à n’importe quel autre de la douce Margot, justement croisée sur un de ces événements. C’est une coureuse/canicrosseuse/blogueuse adorable sur runamande et sur instagram.

« La course à pied est un sport individuel que l’on pratique à plusieurs »

J’ai couru quelques 10 km, je me suis essayée au trail urbain (et j’ai adoré), j’ai couru dans les marches de la ville, dans la nuit, dans les parcs, le long du Rhône, sur une piste et puis j’ai couru un semi-marathon. Moi, j’ai couru un semi-marathon en un peu plus de 2h15, sans douleur mais pas sans effort mental. J’étais semi-marathonienne 1 an après avoir débuté la course régulièrement. Je ne compte pas les quelques sorties que j’avais fait avant, des jogging espacés de plusieurs mois…

L’automne est arrivé, je me suis préparée pour le LUT by Night, je l’ai couru, sous une pluie battante. C’était dur, mais j’étais contente. Pas tellement de courbatures ensuite, mais une impression mitigée : je n’avais plus vraiment envie de courir. Sûrement un signe de surentraînement ? L’hiver est passé par là, j’avais envie de m’y remettre sans passer à l’action. Je pense que j’étais bien occupée à d’autres loisirs et d’autres projets aussi. Avec la promesse du retour du printemps, l’envie s’est faite plus forte, je me suis relancée. Forcément dans cette situation j’avais perdu pas mal de « niveau ». Mais je suis déterminée à reprendre en douceur, avec méthode et obstination. Je sais que je progresserai encore. Et comme je ré-apprends à courir, ce sera plus facile. Car l’ayant déjà fait, je sais que j’en suis capable (potterhead bonsoir ;).

J’étais semi-marathonienne, j’ai arrêté de courir, et je ré-apprends…

Aujourd’hui, mes fins de journées sont un peu plus serrées, je fais souvent mes sorties solos, je suis le groupe Facebook de CAL et je me joins à d’autres personnes de temps en temps pour courir. J’ai fait quelques séances de fractionné. C’est un peu violent pour moi parfois, mais je me dépasse et ça fait un bien encore plus fou. J’ai des courbatures de malade, mais c’est vrai que pour progresser, il n’y a pas mieux. Je me motive et me cadre avec un programme de Decath’coach. Je reprends doucement, je m’écoute et je me coach. Je pense me mettre officiellement en marche avec un dossard pour l’Ekiden de Lyon samedi prochain… A suivre…

Et vous, la course à pied, ça vous parle ? Quelle histoire et quel vécu avez-vous avec le sport ? Que vous vous retrouviez dans mon récit ou pas, je serais ravie de connaître vos histoires à vous…

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