Les animaux disparaissent en France aussi

Le patrimoine d’un pays, d’un continent, ce sont ses paysages, ses reliefs, sa nature sauvage et ses lieux où la main de l’homme a façonné de magnifiques monuments. Ce sont aussi ses espèces vivantes, ses végétaux, ses animaux.
Aucun retour en arrière n’est possible dans ce domaine, on ne fait pas renaître une espèce d’ours sous les ciseaux des tailleurs de pierre.

Un très beau reportage nommé « Le plus beau pays du monde – Le sanctuaire » a été diffusé la semaine dernière sur France 2. Il (était) disponible en replay et sera certainement à nouveau diffusé. Il a été mon point de départ (bis) pour reprendre l’écriture de cet article.

Il n’y a pas de plan B pour réanimer ce que l’on tue, il y a encore moins de planète B. Nous avons plus besoin d’elle, qu’elle n’a besoin de nous. Mais ne retournons pas toujours notre désenchantement sur d’autres populations, lointaines. Les autres, si différents, si irrespectueux de l’environnement. Quelle folie l’huile de palme, la déforestation, le Roundup au Brésil ! Ah les autres, qui tuent des girafes, des rhinocéros blancs, des orang-outan, des gorilles !

Et nous, sommes-nous irréprochables, en France ?

Les Ours des Pyrénées ont disparu, les loups, les bisons et les lynx boréals ont disparus, les gypaètes barbus ont disparus… En France.

Si vous cherchez, vous découvrirez que cette liste ne comporte aucune espèce déclarée disparue sur la planète. Mais ce n’est pas grâce aux français. Vous découvrirez que certains animaux ont temporairement disparus de France, durant quelques décennies ou quelques siècles, mais qu’ils n’ont pas disparus génétiquement. Ils sont ensuite revenus dans l’hexagone, par migration naturelle ou avec l’aide des programmes de réintroduction. C’est le cas du lynx ou du gypaète, la souche est toujours authentique, l’espèce se porte relativement bien aujourd’hui.

L’actualité a très récemment mis en lumière les décisions douteuses d’un ministre de l’écologie français. Il y a des circulaires et des petits papiers qui peuvent apparemment passer outre les lois et prolonger une période de chasse en empiétant sur une période de nidification ou de migration. Jusqu’à ce que la justice remette les choses à leur place. Ce genre de chose arrive chaque année en France.

Depuis que j’ai rencontré les loups, je suis horrifiée chaque année d’apprendre qu’il a encore été permis d’abattre tant d’individus ici ou là. Rappelons que le loup bénéficie du statut d’espèce protégée. Ouahou, sympa la conception de la protection par l’état français !

Le loup s’est toujours débrouillé et continuera de se débrouiller

Sa peur de l’homme, ancrée depuis des millénaires dans ses gènes, continue de le sauver. A peu près.

Pour certains animaux, comme l’ours, c’est plus compliqué. L’ours pyrénéen est un sous-groupe très réduit qui ne constitue pas une espèce à part. Il fait partie de l’espèce de l’ours brun et d’un sous-groupe dit « eurasien ». L’ours purement pyrénéen a presque disparu, pourtant l’ours brun eurasien n’est pas une espèce en danger. Mais ce n’est pas grâce aux pratiques françaises, qu’on se le dise. Je dis que l’ours brun a presque disparu car il ne reste qu’un mâle, Cannellito. Il a longtemps été isolé des autres ours et donc des femelles dans une vallée. Si ce n’est plus le cas depuis quelques mois, c’est seulement parce que, après plusieurs années de palabres, deux femelles ont été déposées par hélicoptère.

Les 4 et 5 octobre 2018, les ourses slovènes Claverina et Sorita sont lâchées dans le noyau occidental, en Béarn.

Par hélicoptère ? Cela m’a surpris. Oui, parce que des « anti-ours » bloquaient les routes. Bref, s’il y avait des petits, ils ne seraient pas purement pyrénéens…

Cannelle, la mère de Cannellito fut tuée le 01 novembre 2004.

Canelle est devenue un symbole.

Mais il reste Cannellito. Une espèce n’est déclarée disparue que lorsque son dernier représentant est mort. Une « sous-espèce » de plus va donc bientôt disparaître, en France. 

Le sujet « Prédateurs – Bergers » est à la fois simple et compliqué. Il s’agit d’une cohabitation difficile, où tout le monde veut mettre le nez dans les affaires des autres sans s’occuper des siennes. C’est l’impression que j’en ai. Le sujet est en tout cas bien trop délicat pour que je développe ici. J’ai commencé à écrire mais me suis rétractée.

C’est un sujet qui me touche mais sur lequel je ne sais pas tout.

Malgré une réelle passion pour le loup, l’ours et leur histoire en France, je passe mon tour…

Partout dans le monde le « bétail » et les hommes cohabitent avec la nature et les espèces sauvages. Les hommes et leurs egos veulent profiter de la nature sans contrepartie, sans avoir à s’accommoder de prédateurs. Pourquoi pas, aller à la facilité, c’est logique, c’est tentant au début. Mais chaque espèce à sa raison d’être dans un écosystème.

Mais dans beaucoup d’endroits, l’homme, a compris où était son intérêt. L’homme et son cerveau ont compris que la nature était plus forte, qu’elle avait de bonnes raisons de fonctionner en écosystèmes, d’une manière bien rodée. 

Par un effet domino, l’extinction d’une espèce peut en entraîner d’autres. Des chercheurs montrent qu’il y a plus de risque d’extinctions en cascade lorsque aucune espèce ne vient boucher le trou laissé par la disparition d’une autre.

L’homme et son intelligence peuvent s’adapter à la nature, à moindre effort. L’homme peut s’adapter au lieu de s’épuiser à tenter de dresser, de remanier. L’homme a compris que même si c’était tentant de jouer à Dieu, il n’avait qu’un seul risque : courir à sa propre perte. Enfin apparemment, ils n’ont pas tous compris.

Et vous, vous en êtes où avec la nature ?

Dans le chemin vers l’écologie, il est important de comprendre les enjeux, les impacts, et d’ouvrir sa compréhension au monde. Nous devons apprendre à penser dans un écosystème géant. Individuellement, nous pouvons faire beaucoup si nous comprenons et que nous nous unissons… Un seul objectif : préserver la nature, pour préserver la vie. Sans cela, tout le reste sera bien vite chimères et superflus.

Sources :

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